Le bel ouvrage.

Depuis plus d'une dizaine d'années maintenant se tiennent les biennales de la pierre (ou fête de la pierre) dans la commune de Saint Maximin, bien réputée pour ses carrières de pierre à bâtir. Ce fut donc encore le cas ces 18 et 19 Juin.
En plus de la visite de la carrière souterraine dite "Parrain", on pouvait rencontrer professionnels et amateurs autour de ce noble matériau, déguster des champignons de Paris, participer aux ateliers, se promener dans la quiétude du joli jardin établi dans la carrière à ciel ouvert.
A noter, la rencontre des gradines, concours de sculpture, point d'orgue du week end malgré une météo en demi teinte.


Les lieux ont bien changé pour qui a connu la carrière avant son aménagement...


Les incontournables champignons de Paris!



Les carriers à l'ouvrage. Têtes connues depuis toujours dans le milieu pour certains...





Bénitier



Les rencontres des gradines.












Un stock qui laisse rêveur....




Plusieurs membres des carriers brasseurs ont pris le temps, à tour de rôle, de venir visiter ces festivités, et aucun d'entre eux ne semblent avoir regretté le déplacement.

JPL, le 20 Juin 2016.

Ça ne rigole plus!

Juin s'annonce aussi radieux que Mai... On avance fort aux haguettes: la route du renard rusé s'achève, la rue du carrier solitaire s'amorce pour filer vers le médiéval... La voûte d'accès au bal des roches s'impatiente aussi fort que les nouveaux moules à buses du Gosier Pentu. Espérons que l'ARTF* parvienne à libérer les absents pris au piège de l'Euro d'foot!

A noter, une livraison impromptue de matériel plus que bienvenue grâce à Keuf: qu'il en soit ici remercié.


IPN


Belles chutes de bastaings.


La route du renard rusé au 14 Juin. Seuls quelques blocs du banc de pied à gauche demeurent à extraire.


Les blocs en question.


Au fond, le médiéval.


Les moules à buses du Gosier Pentu.


Projets futurs....

JPL, 14 Juin 2016

*ARTF: Association pour le Reboisement des Terrains de Football.


Les Fables de la Carrière - 3 - " Le Maître-Ouvrier "


Le Maitre ouvrier, et la carrière de bousin.

Un jeune tâcheron, parti faire la noce.
Ayant pour idée, de boire son salaire.
Avec les charrons, amis de basse-fosse.
Les manouvriers, bardeurs et compères.
Á la troisième pinte, tout le monde se tait,
Un huppé cossu, a fait son entrée.
Réclame une absinthe, puis va s'installer,
Visage inconnu, trop bien habillé.
Il y a des moments, rares, mais ça ce peu,
Qu'une tache est plus propre, qu'là où elle se trouve.
Ici, l'élégant, aux habits fort soyeux,
Était une sorte, de prince dans un bouge.
Le petit pierreux, s'approche du richard,
-"Bonsoir cher monsieur, êtes vous égaré?"
Êtes vous malheureux, êtes vous sans espoirs?"
Venir en ce lieu, loin de votre quartier?"
-"Non point, jeune carrier, Je suis à ma place
Y'a pas si longtemps, j'étais un tâcheron.
Comme toi, mal payé, mais j'ai eu l'audace.
D'être indépendant, d'être mon patron!"
« Je cherche un carrier, pour une bonne affaire,
Un homme courageux, qui souhaite réussir,
Un homme ambitieux, qui veut devenir,
Le maître-carrier d'une carrière de pierre... »
« La pierre qu’on y tire, est tellement si bonne,
Si pure et si dure, vendue à prix d’or,
Qu’elle sert à bâtir, fabuleuses colonnes,
Incroyables murs, faramineux forts. »
« J’en ai sorti tant, que me voila maître,
J’ai assez d’argent, loué soi le sort,
Je veux  maintenant, prendre ma retraite,
Vendre sur le champ, transmettre mon trésor. »
Le jeune sent l'aubaine, c'est inespéré,
Un  maître-carrier ! Quelle belle promotion !
Les autres à la peine, je regarderais,
Mes manouvriers, mon exploitation.
-« monsieur le rupin, soyez assurés,
Que de tous ici, je suis le plus apte,
Le plus dégourdi, pour conclure ce pacte.
Mon oncle Sébastin, le confirmerais. »
-« Ma fois pourquoi pas, combien avez-vous ?
-j’ai tout mon salaire,  mes économies,
Une bourse grosse comme ça ! ça en fait des sous.
Et ma conseillère, peu m’faire un crédit. »
-« Cela fera l’affaire, signons les papiers,
J’les ais dans ma poche, ils sont déjà prêts. »
Ainsi ils signèrent, une croix à tracé,
Puis la bourse en poche, donna à regret…
Le lendemain matin, à potron-minet,
Le jeune Maître-carrier, Se rendit à pied,
Á l’adresse notée, sur l’acte signé,
La veille en soirée, à l’estaminet.
-« Où ça peu bien être, ce Vitard-sur-Isle ?
C’est pas étonnant, qu’j’ai pas entendu,
Parlé de c’te pierre, qui en vaut dix mille.
En partant maintenant, ce soir j’srais rendu ! »
Une fois arrivé, le pauvre Pierreux,
C’est mis à crier, « espèce d’argousin ! »
Car en fait de pierre, c’est vraiment affreux,
Cette carrière de pierre, n’étais qu’du bousin !
La moralité, car il y en a une,
quand mots de velours, te poussent à saisir,
Une poule aux œufs d’or, ou même la lune,
On gagne toujours, à bien réfléchir.
-"Le Cercle des Carriers Disparus"-
carpe diem , bibemus cervisiam.

Joli mois de Mai!

D'après les spécialistes, il s'agirait du mois de Mai le plus pluvieux depuis....
....au moins! Les infiltrations sont nombreuses à la carrière, et, du côté du cabinet minéralogique, une petite inondation, jamais vu ici de mémoire de carriers brasseurs les plus anciens!


L'eau afflue!



La source du problème: un ancien sondage transformé en gouttière!



Pendant ce temps, le carrier solitaire progresse au bal des roches et à la rue du renard rusé, quand ses amis n'y sont pas. Et quand ils sont là, c'est l'inverse!



Belles frites extraites par Gosier Pentu.


Evolution de la rue du renard rusé la bien nommée!





JPL, le 31 Mai 2016



Les haguettes vs le quartier de la fissure

Parfois, la lumière brille quasiment tous les jours à la carrière, mais aussi, il arrive que cette dernière reste plongée dans l'obscurité des semaines entières. Ainsi va la vie à la carrière Soulard. Deux chantiers, parfois complémentaires, sont en cours: l'éternel et incessant aménagement des haguettes, qui, si tout va bien, n'en verra jamais la fin, et, le secteur du karst, ou, le méticuleux aidé du gosier pentu, semble avoir de la suite dans les idées. En aménageant ce joli coin, le méticuleux produit ainsi de la pierre à hague, forts utiles pour les haguettes. Inversement, aux haguettes, notamment au bas du deuxième niveau, appelé dorénavant "le bal des roches", mais aussi route du renard rusé, on extrait de belles pierres qui de par leurs dimensions devraient pouvoir êtres employées du côté de la fissure....


Dressage d'une seconde banquette vers la fissure


A noter une importante production de remblais tamisé signée Polo!


Petit escalier circulaire conduisant à l'actuelle champignonnière sur sac, par le Méticuleux.


Amorce de la future rue basse, depuis la rue des 8 coups.


Gosier Pentu débite de la pierre route du renard rusé, pierre destinée à monter un pilier à bras au bout de la rue des 8 coups.


Le mur du faussaire.


Route du renard rusé.


Pilier à bras au bout de la rue des 8 coups, dans sa partie supérieure, face à la rue basse.


On aperçoit le "bal des roches" (bas du deuxième niveau), ou Gosier Pentu débite actuellement des blocs issus de pierres effondrées ou purgées. Ce lieu, actuellement assez dangereux, sera consolidé et devrait fournir une quantité importante de pierres à débiter sur plusieurs années au moins!


Le bal des roches.


La rue des 8 coups depuis le côté rue basse, en direction du bal des roches et de la rue du niveau.


Petit coup d'oeil dans le rétro: la non moins célèbre rue du niveau, depuis le bal des roches. La rue du niveau, achevée depuis Octobre 2015, est une artère maîtresse des haguettes.


La rue des 8 coups.

JPL, le 26 mai 2016.


Les Fables de la Carrière - 2 " L'itinérant "


L’itinérant



Avoir l’ambition,
d'une réputation,
Patiemment acquise,
C’est avantageux,
Mais méfiez-vous de,
trop de vantardise.

Car j’en connais un,
Qui crut opportun,
De surenchérir,
Son curriculum,
Jusqu’au maximum,
Sans se retenir.
----
C'était un carrier,
un manouvrier,
fidèle à la tâche,
son maître lui à dit,
un jour mon petit,
t'auras la cravache.

Mais le présomptueux,
pensât qu'il vaut mieux,
être tout de suite,
un maître ouvrier,
fort bien respecté,
que l'on félicite.
–--
Alors il parti,
quitta son logis,
et son entreprise,
avec sous son bras ,
un certificat,
de bonne maîtrise.

Ne demandez pas,
où se procura,
le document louche.
Sûrement un faussaire,
contre quelques bières,
un soir dans un bouge.
---
Il y eue rapidement,
un établissement,
cherchant son profil,
le patron réclame,
un homme de poigne,
pour rendre docile,

une bande de cossards,
toujours à vouloir,
faire le piquet d'grève,
il lui assura,
sachez qu'avec moi,
ce sera marche ou crève.
---
C'est à ce moment,
de contentement,
de béatitude,
que notre imposteur,
se vit empereur,
avec certitude.

Il s'imagina,
dressant les gros bras,
comme un militaire,
vous vous en doutez,
bientôt son projet,
finira par terre.
---
Voila que ce jour,
de faire un discours,
moment fatidique.
Et arrivé et,
je suis consterné,
car c'est véridique.

Cet homme s'est vanté,
devant l'assemblée,
qu'il été un maître.
Mais un gars présent,
ce mis à l'instant,
à le reconnaître.
---
« J'ai d'ja vu ce gars,
y'a 1 an d'cela,
Y'a sûrement erreur.
il n'est pas plus maître,
que moi je suis prêtre,
ou même bonne sœur. »

À cette sentence,
pris place le silence,
c’était pas la fête.
Et il se cachât
dans ses mains, ses bras,
puis baissa la tête.
---
Quand il revenu,
Jamais il ne put,
Reprendre son poste.
Lui dont le CV,
Etait si élevé,
C’est un paradoxe.

On se fréquentait,
et comme il était,
Un bon compagnon.
J’eu pitié de lui,
Et donc je l’eu pris,
comme mon tâcheron.


Jean de La Carrière.
an de grâce 1777

Etat des travaux début 2016

Depuis le début de l'année, les travaux se poursuivent en dilettante à la carrière Soulard. Au moins deux foyers de travail ont été identifiés: galerie de la fissure, et haguettes.


Au bout de la rue des 8 coups, les contours du futur réseau se dessinent déjà! Une rue basse coupera au travers de futurs remblais pour rejoindre la rue du Renard Rusé qui, elle, passera par le bas du deuxième niveau. Des consolidations maçonnées seront noyées dans le remblai en ce secteur.


La maçonnerie étant un mal nécessaire, on habille tant que faire se peut!



Sur la rue du renard rusé, le banc de pied découvert lors des derniers travaux de 2015 est enfin débité. Comme convenu, multiples fissures oblige, on obtient à peine que de la pierre à hague!


Sur l’initiative de Gosier Pentu, une nouvelle pince est arrivée à la carrière, permettant à nos amis de barder des gros blocs précédemment purgés du bas du deuxième niveau. Ces mêmes blocs sont à présent débités.



Les idées germent chez le Méticuleux, qui entreprend un bel ouvrage du côté de la fissure: deux marches arrondies, plus esthétiques et confortables pour les visiteurs.

JPL, le 20 mars 2016.